Les langages de l’amour – Gary Chapman

22 septembre 2016

« Si nous voulons communiquer efficacement avec des personnes d’autres cultures, nous devons apprendre leur langue. Il en va de même dans le domaine de l’amour.» Le concept de langages d’amour revêt un rôle central dans l’articulation de ma palette d’outils éducatifs bienveillants. L’appropriation de ces langages m’a demandé le temps et la persévérance nécessaires à la mise en place d’une nouvelle habitude de fonctionnement. Pour mes enfants et mon couple aujourd’hui, c’est une notion  fondatrice, à la base de notre bien être individuel et par conséquent collectif. On pourrait ajouter un sixième langage à cette liste : le rire, rire à partager, à diffuser, à développer…

Dans ce livre

Gary Chapman distingue cinq langages d’amour soit cinq moyens d’exprimer l’amour. Certains de ces langages demanderont un fort apprentissage tant ils seront éloignés du langage que nous avons l’habitude de pratiquer. En « parlant » le langage d’amour de l’autre, nous sommes en capacité de remplir ou réduire son réservoir d’amour, son sentiment d’être aimé (ou mal aimé).

1- Les paroles valorisantes,

Pour certains, entendre « des paroles qui font du bien » est la plus forte manière de ressentir l’amour d’autrui. Ces affirmations simples et directes leur montrent à quel point ils sont appréciés. Des paroles aimables, humbles ou d’encouragements soulignent leur valeur et leurs capacités. C’est parfois la façon idéale de dire que nous croyons en l’autre et en ses possibilités, témoigner notre confiance en lui et le valoriser, le complimenter, lui pardonner ou lui demander pardon.  Le choix du moment ou du medium peut être très important : en public, dans l’intimité ou par écrit ? Il en est de même pour le ton employé. Souvent, l’estime de soi en sort également renforcée.

2- Les cadeaux,

« Il faut penser à la personne en question pour lui offrir un présent. Le cadeau n’est que le symbole de cette pensée. (…) Plus que la pensée venue à l’esprit, c’est la pensée exprimée par le geste qui est l’expression de l’amour. »

A titre d’exemple, les petites cartes écrites à la main, les fleurs ramassées sur le bord de la route sont autant de cadeaux peu chers et fort appréciés au quotidien. A ces symboles visibles s’ajoute aussi la simple présence physique (à une compétition sportive de l’enfant, à une réunion où notre conjoint a besoin de se sentir soutenu) comme don de soi. La valeur marchande de ces cadeaux peut n’avoir aucune importance.

3- Les moments de qualité,

Dans ces moments-là, l’activité est secondaire. C’est le partage émotionnel qui compte. Il faut ici accorder à l’autre une attention bienveillante et soutenue mais aussi donner accès à son cœur et à ses pensées. A l’écoute active s’associe l’importance de se révéler, de distinguer ses pensées de ses sentiments, de reconnaître ses émotions. Pour qu’il y ait complicité, une proximité physique est insuffisante, un dialogue de qualité est nécessaire.

4- Les services rendus,

« Rendre service par amour, c’est répondre à l’attente de l’autre ». Faire tout ce qui fait plaisir à l’autre lui montre son importance pour nous. Dans le couple, il faut parfois savoir dépasser nos stéréotypes afin d’effectuer avec bon cœur certains actes. En ce qui concerne les enfants, dès leur naissance, nous, parents, faisons tout pour les aider mais de manière différenciée en fonction de leur âge dans le but de les rendre matures et autonomes. Il s’agit de viser juste, d’être « très attentif pour discerner le vrai besoin qui se cache derrière leur démarche » et de leur présenter un modèle de charité et d’hospitalité nécessaire à la vie en société.

5- Le toucher physique,

Du toucher volontaire (massage ritualisé, grattage de dos, relation sexuelles dans le couple) au toucher affectueux occasionnel (main sur l’épaule, caresse sur la joue), le contact physique ne se limite pas à un endroit précis du corps humain ni à un moment donné (habillage, soins). Gary Chapman conseille de « Supprimez tous les touchers physiques à connotations négatives » puisque « le toucher physique peut faire ou défaire une relation. Il peut communiquer la haine ou l’amour ».

S’évaluer : le réservoir d’amour

« Dans chaque enfant se trouve « un réservoir émotionnel » qui ne demande qu’à se remplir d’amour. (…) Le plupart du temps, les écarts de conduite de l’enfant s’expliquent par son obsession à vouloir soutirer de l’affection d’un réservoir qui reste obstinément vide ».  Pour être heureux, ouvert, aimant et en bonne santé, chaque être humain a fondamentalement besoin que ce réservoir affectif invisible soit rempli.  Dire l’existence de ce réservoir et l’évaluer régulièrement permet à chacun de progresser dans l’apprentissage du langage qui sert à le combler. « Sur une échelle de 0 à 10, à quel niveau de remplissage estimes-tu ton réservoir d’amour ? Que puis-je faire pour l’augmenter ? ». Poser ces questions permet de montrer  à l’autre combien on l’aime et combien il est important pour nous.

Identifier son langage

Une première étape consiste à se poser des questions telles que « quelles sont mes attentes ? Qu’est-ce que j’aime ? Qu’est ce qui me manque ? Qu’est-ce que l’autre fait ou omet de faire qui me blesse ? ». La réponse à ces questions nous permet de lister les cinq langages d’amour par importance décroissante et de mettre en lumière votre langage d’amour prépondérant. Il ne faut alors pas hésiter à communiquer cette liste à ceux qui comptent pour vous.

Pour déterminer le langage d’amour de son conjoint ou de ses enfants, il peut être utile de noter leurs reproches à propos de votre comportement. Il suffit parfois simplement d’être attentif à leur propre manière de  témoigner leur amour. Ainsi, ils « fournissent l’indice le plus clair sur le langage auquel ils sont le plus sensibles ».

En ce qui concerne plus spécifiquement les enfants en bas âge, il faut du temps et s’efforcer d’exprimer notre amour sans omettre aucun des cinq langages. Le petit s’y essaiera et choisira d’utiliser celui qui lui convient le mieux pour exprimer son amour. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il n’en changera pas en grandissant. Gary Chapman précise donc :

« 1- Observez comment l’enfant vous dit son amour ;

   2- Observez comment l’enfant exprime son amour envers les autres ;

   3- Notez ce que l’enfant réclame le plus souvent ;

   4- Notez ce dont votre enfant se plaint le plus souvent ;

   5- Offrez à votre enfant la possibilité de choisir (un tour en vélo ou une tarte aux pommes ? Une histoire ou un massage?). »

Les livres de Gary Chapman fourmillent d’astuces pour mieux comprendre, mieux apprendre et mieux intervenir afin d’être entendu dans notre amour pour notre conjoint et nos enfants.

UNvitation: à quels changements ai-je été invitée à la lecture de ce livre?

Entre mes enfants,

J’ai quatre enfants d’âges rapprochés, situation qui peut être sujet à jalousies et tiraillements pour chacun d’eux. Déterminer avec eux leur langage d’amour et les amener à évaluer l’état de remplissage de leur réservoir d’amour a considérablement réduit les tensions entre eux.

Parmi mes enfants, l’un est particulièrement sensible aux paroles valorisantes. Par voie de conséquence, les paroles dévalorisantes envoyées par un frère ou une sœur ont un impact particulier sur lui. L’enfant responsable de ces mots douloureux n’est lui, pas du tout sensible à ce langage et n’en comprend pas les réactions démesurées qu’ils provoquent. Verbaliser ce concept de langages d’amour leur a fait prendre conscience à chacun qu’ils devaient adapter leur communication afin d’être reçu au plus près de ce qu’ils voulaient transmettre. Aujourd’hui, si des mots malheureux fusent encore, ils le sont en conscience et peuvent donc être travaillés comme tels et le pardon plus profond.

De parent à enfant,

Il m’a fallu m’adapter au langage d’amour de chacun de mes enfants quand ils sont éloignés des miens. Prendre le temps d’un massage pour l’un, d’un petit mot pour l’autre, de lacer des chaussures, d’assister à une compétition sportive… Finalement, passé le temps de l’effort pour en faire une habitude, un point de vigilance pour chacun, j’y ai gagné en qualité de vie. En très peu de temps aujourd’hui je remplis le réservoir affectif de chaque enfant : les relations sont apaisées plus rapidement, ils sont prêts à se tourner vers d’autres expériences comblés de cette certitude d’être aimé.

Bien sûr, je me dois d’en faire régulièrement l’évaluation. Rien n’est figé, le langage d’amour d’un enfant étant voué à changer.

Dans mon couple,

Savoir « mieux aimer » son conjoint, quel cadeau ! Formuler également mon propre langage aussi m’amène à voir mes besoins comblés. Dans l’échange, chacun de nous deux cherche à dire à l’autre son amour. Prendre le temps de l’évaluation est l’occasion de faire le point et de s’ajuster pour continuer à grandir ensemble. Comprendre que mon langage d’amour n’est pas celui de mon compagnon (les opposés s’attirent, c’est ce qui se dit, non ?) me console aussi et me pousse à verbaliser mon besoin : je ne peux pas lui reprocher de ne pas parler ma langue, je dois l’accompagner pour qu’il l’apprenne.

UNdicateurs

Titre : Les langages d’amour. Les actes qui disent « je t’aime »

Auteur : Gary Chapman,

Editeur :  Farel Editions

Date de parution : 1997

Résumé extrait de l’article paru dans Grandir Autrement N°43, www.grandirautrement.com :

En savoir plus

Gary Chapman, né en 1957 aux USA, y anime de nombreux séminaires. Son premier livre Les langages de l’amour a été publié en 1992. Ont suivi, entre autres :

  • Les langages d’amour des enfants, co-écrit avec le docteur Ross Campbell en 1998.

Le Docteur Ross Campbell est lui-même auteur de Comment aimer votre enfant et Aimer et Agir, l’art d’avoir des enfants sages et obéissants. Editions Orion. 2000.

  • Couple et complices, en 2005, où la dimension chrétienne est très marquée.
  • Les saisons du mariage, en 2006, où le parallélisme saisonnier nous aide à faire durer l’été.
  • Evoluer ensemble, comment négocier des changements dans son couple. Collection Petit guide Chapman. Editions Farel. 2011.

Cette collection Petit guide Chapman est constitué de nombreux titres tels que L’arrivée des enfants, Le couple et la Belle famille, Amour et sexualité. Ce sont des fascicules de 80 pages dans une optique très « guide pratique à bas prix ».

  • Les langages de la réconciliation,
  • Les langages d’amour des adolescents…

Et vous, quel est votre langage d’amour ? Comment percevez-vous celui de vos enfants et/ou de votre moitié ? Etes-vous prêt à faire l’effort de parler dans leur langue pour en constater les effets ? Racontez-moi votre expérience en commentaire !

Guillemette, mère, femme, naturopathe, épouse, chercheuse dans le domaine médical et l’éducation, consultante en santé et parentalité, rédactrice pour Grandir Autrement. Je vous partage ici les lectures qui, en me guidant vers moi-même, me permettent de mieux guider mes enfants. Par le corps et ses mémoires, je vous invite à entrer en contact avec vous-même comme préalable à une éducation consciente, bienveillante et positive.

Enrouler

  • 10/10
    Facilité de lecture
  • 10/10
    Praticité de l'outil
  • 10/10
    Potentiel de partage

Pros

Cons

Pas de commentaire

Les commentaires sont fermés.